mardi 17 avril 2007

Attention, danger !

Les élections qui se profilaient n’avaient jusqu’à présent aucun intérêt si ce n’est de savoir qui aura le plus retourné sa veste et racler les fonds de tiroirs pour remplacer la girouette Chirac. Courbettes en usine, courbettes en banlieue, courbettes dans le monde rural, chacun y va de son air compréhensif et attentif. Pourtant, un candidat mérite un intérêt car, contrairement à Le Pen, il représente réellement un danger.
Nicolas Sarkozy est en effet un homme qu’on peut qualifier de dangereux, non pas pour l’économie du pays car on ne doute pas qu’en précarisant l’ensemble de la société il est bien capable de créer de la croissance mais dangereux pour la bonne santé de la France et donc, en ce qui m’intéresse, de l’Europe.


Si Sarkozy devient président et qu’il remporte les législatives, il aura la particularité de tenir entre ses mains l’ensemble du pouvoir, ce qui n’avait jamais été le cas jusqu’à présent. En effet lui et sont parti domineront les armées, la police, les deux chambres (Assemblée et Sénat) et le conseil constitutionnel, sans oublier ces liens plus qu’étroit avec les milieux de la finance et sa main mise sur une grande partie des médias (télévision, presse écrite, radio et surtout CSA). On entrerait alors en pleine « monarchie républicaine ». Il est assez inquiétant de constater qu’il sera peut-être le premier chef d’état français à ne bénéficier d’aucun contre-pouvoir pendant au moins 5 ans, durant cette période aucune décision ne pourra être contestée, sauf dans la rue, mais là aussi, on peut s’attendre au pire, et ce qui pourrait sortir de la rue (émeutiers issus de l’immigration et gauchistes sans perspectives) n’est guère plus réjouissant.
Divers journaux et hebdomadaires ont bien saisis la réalité du danger qui n’est pas, et n’a jamais été, le spectre du Front National qui n’aurait pas la moindre chance une fois la présidentielle gagnée de bénéficier d’autant de pouvoir et de soutien. Le véritable enjeux devient, comme un slogan, le « tout sauf Sarkozy », tout, peut-être pas, mais « pas de Sarkozy » très certainement. L’extrême gauche devra peut-être aller jusqu’au bout de son idée en votant Le Pen en cas de second tour Sarkozy-Le Pen, pas sur que les révolutionnaires en carton en aient le courage et il serait au combien pathétique de voir les veaux beuglants se diriger en masse pour voter Nicolas Ier comme ils ont voté pour Jacques Ier.

Le danger Sarkozy se situe sur trois plans : la politique économique, la politique étrangère, la politique intérieure

Politique économique : risque d’une accélération du désengagement de l’Etat, d’une précarisation et d’une concurrence malsaine sans pouvoir y faire face.

Politique étrangère : volonté hégémoniste sur l’Europe, russophobie, implication de la France dans la politique de déstabilisation du Moyen-Orient par les USA.

Politique intérieure : renforcement de la répression, lois liberticides, …


Qui veut vraiment cela ?

2 commentaires:

Fenrir a dit…

"En effet lui et sont parti domineront les armées, la police, les deux chambres (Assemblée et Sénat) et le conseil constitutionnel,"

Peux-tu detailler la manière dont il procédera à avoir tous ces pouvoirs, ça m'intrigue, surtout pour le conseil constitutionnel.

Sinon ton analyse est interressante, comme le reste de ton blog.

Svietine a dit…

Bonsoir fenrir

En tant que chef d'état il sera le chef des armées. Comme chef de l'état il composera un gouvernement, dont le ministre de l'intérieur, et pourra ainsi donner les grandes directives en matière de sécurité via son gouvernement.

Tout cela implique en amont que l'UMP est le parti majoritaire lors des legislatives, donc à l'Assemblée nationale qui est celle où sont proposées et discutées les lois. Quant au Sénat il est généralement conservateur (donc de droite). Il est élu au suffrage universel indirect par les grands electeurs (conseillers régionaux, généraux, etc...) par tiers tous les 3 ans, il est donc difficile pour le peuple d'avoir une emprise sur lui, par ailleurs il ne bénéficie pas du dernier mot lors de la discution des lois. Le dernier mot revient à l'Assemblée Nationale.

Le conseil constitutionnel vérifie si une loi est conforme ou non à la constitution. Par exemple la préférence nationale voulue par le Front National est anti-constitutionnelle. Pour modifier la constitution il faut passer par les dites chambres, et il est possible de le faire si les deux chambres sont favorables à la politique du chef de l'état et du gouvernement. C'est comme ça que Jacques Chirac a pu inscrire l'interdiction de la peine de mort dans la constitution sans que cela ne soit contesté. Revenons à notre mouton, le Conseil constitutionnel est composé de neuf membres renouvelés par tiers tous les trois ans (comme au Sénat). Les membres sont désignés respectivement par le Président de la République et le Président de chacune des assemblées du Parlement (Sénat et Assemblée nationale). On comprend donc en quoi il ne pourrait bénéficier d'aucune impartialité. Mais il est hiérarchiquement inférieur au conseil d'état. Tout cela est assez complexe en réalité...

Merci de tes encouragements,

Svietine