mardi 17 avril 2007

Sarkozy le monarque

Nicolas Sarkozy sera peut-être notre futur président, mais qui est-il ? Quelle personnalité ses attitudes font –elles transparaître ?

De la République au Dominat

Il est assez simple de remarquer pour qui connaît un peu l’histoire de France que nos institutions sont un héritage de Rome. La République Romaine de Cincinnatus ou des Gracques a laissé au cour du temps la place à l’éphémère monarchie républicaine de Jules César, celui qui détruisit l’âme gauloise, pris le pouvoir en s’appuyant sur les masses orientales et allogènes et essaya de remettre au goût du jour la monarchie, régime détesté par les romains et qui puise son origine en Orient. La République Française connaît un peu le même sort avec Jacques Chirac, celui qui a réussi a capté le pouvoir en faisant semblant d’être populaire, en s’appuyant sur l’immigration et en prenant une posture de monarque rassurant et bienveillant depuis son palais de l’Elysée. Les principales orientations politiques auront toujours eu Chirac comme instigateur, exécuteur ou idéologue sur énormément de sujets (immigration, europe, géopolitique, emploi, etc…). Jules Cesar avait comme protégé Octavien, futur Auguste et futur fondateur de l’Empire Romain, Chirac a Nicolas Sarkozy. Je n’irai pas jusqu’à comparer trait pour trait Auguste et Sarkozy car il n’y aura pas d’Empire Français, bien que la mosaïque de peuples présents en France en face déjà un mini Empire plutôt qu'une République avec la « francophonie » comme expression, mais l’idée se défend. L’Empire aujourd’hui, avec ses guerres de pacifications, ce sont les USA et Sarkozy est un personnage profondément tourné vers les USA, on se rappellera qu’il déclara être fier d’être surnommé Sarkozy l’Américain, qu’il qualifia d’arrogante la position française contre la guerre en Irak, décision qu’il regretta d’ailleurs publiquement. Mais Auguste était un Princeps, le « premier des citoyens », alors que Sarkozy à tout du Dominus, le seigneur, forme despotique de gouvernement de l’Empire Romain qui intervient à l’époque de Commode (v.180) et où l’Empereur Romain, influencé par l’image du pouvoir venue d’Orient devient une sorte de monarque, cela se couplant d’une plus grande importance des cultes solaires et orientaux syriens, perses ou autre en plus d’un culte à l’empereur devenu culte au dieu-roi proche de la figure du pharaon Egyptien. Sarkozy est seigneur car il se comporte non pas comme un homme venu du peuple mais comme un homme de la providence, l’incarnation de la Vérité, il est seigneur car il ne tolère aucun contre-pouvoir, il est seigneur car il attend de son peuple d’abord le travail avant la liberté, il est seigneur car il exige travail et soumission en échange de la sécurité et de la protection mais il est aussi monarque car d’un ego surdimensionné (« moi je », « je veux », « je serais », etc…). Dans un régime comme celui de la Véme République, bâtit pour le non moins monarchique Général De Gaulle, un personnage comme Sarkozy ne peut que rompre avec les valeurs traditionnelles de la République (et la seule rupture est bien celle-là…).

Sarkozy antirépublicain

Si Nicolas Sarkozy n’est pas Républicain, ce n’est pas seulement parce qu’il est un monarque dans l’âme, certains diraient plutôt « un empereur au rabais », une sorte de Napoléon III. C’est aussi parce que ces propositions ne le sont pas. La principale idée de Nicolas Sarkozy, la discrimination positive, n’a rien de républicain. En effet la république repose par exemple sur la mal nommée égalité des chances (qu’on devrait appeler équité) et toute mesure qui remet en cause ce principe fondamental n’est pas un républicaine. Cette idée, la « gauche », avec la « parité », en est aussi responsable. Mais le principal instigateur de l’apparition de la discrimination positive en France n’est autre que le libéral américanolâtre Alain Minc, ennemi du service public, ennemi de l’Europe, ennemi du peuple, soutien de Nicolas Sarkozy. Il serait d’ailleurs intéressant de connaître les soutiens de chaque candidat. Dit moi qui te soutien, je te dirais qui tu es.
Mais le candidat UMP n’est pas non plus républicain lorsqu’il veut rompre avec la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905. On imagine bien un conseil composé de chrétiens, de musulmans et de juifs qui discuteraient en concertation avec le chef de l’état, au mépris de la liberté de conscience de chacun, ou pourrait se voir financer ces lieux de culte par l’état (comme jadis les temples d’Heliogabal à Rome), le CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) en serait-il un avant goût ?
Enfin, Nicolas Sarkozy n’est pas républicain lorsqu’il place le travail au coeur de la société. Le travail est important dans une société mais il ne peut pas être la valeur centrale autour de laquelle tout se construit. Le travail n’a d’ailleurs jamais été une valeur centrale en Europe, tout le monde reconnaît son importance, autant que la guerre par exemple, mais aucun Européen véritable ne saurait en faire la valeur totale et absolue. Ce qui anime d’abord les Européens c’est la liberté, le refus de la soumission. L’aspect secondaire de la valeur travail explique d’ailleurs peut-être pourquoi les européens ont souvent eu recours, comme les arabes, à l’esclavage, là où les chinois par exemple, n’en ont jamais vraiment eu besoin car il s‘agit d’un peuple qui privilégie le travail à la liberté. L’idée que défend Sarkozy selon laquelle « le travail c’est la liberté » qui rappelle le slogan « le travail rend libre » (Arbeit Macht Frei) usité en Allemagne il y’a 70 ans est donc malsaine. C’est ici encore une idée monarchiste, féodale, de droite qui contraste avec la préoccupation réelle des travailleurs, ils ne veulent pas gagner plus en travaillant plus, ils veulent gagner suffisamment en travaillant normalement. Reconnaissons que les 35 heures furent une erreur et même les 39 d’ailleurs. 40 heures est un chiffre sérieux et juste (8 heures pendant 5 jours, soit 8H00-12H00 et 14H00-18H00 environ). Mais il n’est pas besoin d‘exciter la veine du travail pour cela, c’est simplement une nécessité collective, car le travail c’est d’abord un effort individuel pour la collectivité.

Nos ancêtres ont versé leur sang pour la République et la liberté, aujourd’hui nous ne devons pas les trahir.

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