vendredi 11 mai 2007

L'or Manaudou

J'ai fini par craquer.

La France a les sportifs qu'elle mérite mais cela ne doit pas nous empêcher de pousser un coup de gueule de temps en temps. Laure Manaudou, notre grande nageuse, est assurément de la veine des sportifs qui n'ont pas de face.

Acte 1:

Laure Manaudou obtient 5 médailles aux championnats du monde de 2007 à Melbourne dont 2 en or. Les journalistes et les politiques n'ont pas de mots suffisament forts pour encenser la championne. Couvertures de magazines, émissions télé, le triomphe est total. Pendant ce temps, des ouvriers travaillant pour son sponsor (Arena) se font licenciés proche de Bordeaux pour un motif bancal (licenciement économique). On aurait aimé que la championne, égérie de la nation, ait une pensée pour tous ces gens dont la vie est peut-être brisée.
Mais non, Laure Manaudou montre ici que son étroitesse d'âme est aussi importante que son palmarès. Aucune pensée, aucun mot, aucun soutien pour ces dizaines d'ouvriers qui se retrouvent dans une situation catastrophique.

Acte 2:

Laure Manaudou, a 15 mois des Jeux Olympiques, se séparent de l'homme à qui elle doit tout, son entraîneur, Philippe Lucas. Elle s'en va en Italie, là où elle pourra vivre avec son petit copain, gagner plus d'argent et ne plus subir l'entraînement drastique qui l'a mené jusqu'au sommet. A en juger les propos de son désormais ex-entraîneur, elle a choisi l'or et la facilité. L'individualisme le plus total guide la reine des bassins. Alors certe, la natation est un sport individuel, certe aujourd'hui les grands sportifs s'ouvrent toutes les portes et il est facile de perdre ces repères. Mais le sport apprend à repousser ses limites, à se contrôler, à acquérir des valeurs nobles (courage, persévérence, ...) et on ne peut considérer comme "grand" que les sportifs dont l'âme est au niveau de leurs performances.

Philippe Lucas va peut-être entraîner la rivale roumaine de Laure Manaudou, Camelia Potec. Souhaitons à la nageuse roumaine beaucoup de réussite, car c'est ça l'Europe, un français qui entraîne une roumaine pour faire triompher des valeurs nobles et battre Laure pour qui la nation, les travailleurs et la reconnaissance ne signifient rien.